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Rendez-vous jeudi à midi avec mon groupe pour travailler sur notre projet de création de magazine, soit deux heures avant le cours. Sont-ils fous ces Anglais ? Simplement sérieux et réalistes, nous n'avons en effet qu'un mois pour le réaliser. On se retrouve à la bibliothèque, une personne en plus nous rejoint, nous sommes quatre, pour plus d'efficacité. Nous nous installons dans la salle réservée au travail en groupe où l'on peut parler fort, voir très fort... Et les idées fusent, nous sommes motivés. C'est un bon groupe.
Après un déjeuner à la cafétéria, nous allons en cours pour retrouver l'incroyable professeur. On y parle de magazines de "niches", les stratégies, et découvrons des magazines comme "Girls and Corpses" (spécialisés dans le gore, le sexe, avec des requins par exemple...), "Teddy bear" (pour la communauté de gens qui les collectionnent, qui les fabriquent, qui les secourent...). QUI sont les acheteurs, les lecteurs ??? Des fous ? ou n'est-ce qu'ironie ?
Sitôt finies les trois heures, Emmanuelle et moi partons à l'aventure. Nous prenons le bus devant la fac, retrouvons une étudiante, et prenons la direction de l'Ouest, en passant par le centre ville, pour découvrir une banlieue du nom de Botley. On s'arrête au bord d'une fin de zone industrielle, après un Mc Do, passons sous un pont (endroit charmant), jusqu'à un immeuble dans lequel se trouve l'événement OPUS, pour les éditeurs, étudiants, élèves, et autres. Ils organisent chaque année une soirée. Cette année, le pays invité est l'Inde. Nous arrivons dans un grand hall, posons nos manteaux et collons une étiquette à notre nom sur la poitrine. Tout se passe dans une grande salle, un peu décorée pour l'occasion. Pendant que nous buvons (jus, vin, bière indienne), faisons connaissance avec d'autres étudiants, des professeurs, ou des vieux messieurs charmants qui ont vécu un peu à Paris dans le 11ème, les plats sont installés. Puis viennent quelques petits discours, pas tous audibles. Deux étudiantes indiennes sont mises à l'honneur. Nous remplissons nos assiettes de riz au cury, poulet, sauce aux légumes, pain et nous trouvons une place. Kris, une étudiante que nous avions rencontrée avec Sally notre adviser, vient me sortir du groupe dans lequel j'étais pour me séparer d'Emmanuelle. Brutal mais nécessaire. Une femme indienne vient nous dire qu'elle préparera un vrai plat indien. Est-ce une invitation ? C'est vrai que c'est bon, mais pas très goûtu, plutôt occidental. Le dessert est une sorte de crème avec de la chantilly. A déguster devant deux musiciens qui jouent pendant une vingtaine de minutes. Nous partons vers 21h30, soirée très sympa pour rencontrer un peu plus d'étudiants qui sont dans le même circuit que nous. Dehors, il neige ! Tout est recouvert de poudre blanche, nous y compris.
Vendredi, l'occasion d'inaugurer mes petites bottes ! A l'assaut de la neige, en direction de la fac, pour imprimer (je dois refaire mon contrat d'études car non valable), scanner, et envoyer. Puis un détour par la salle de sport pour réserver le cours de lundi prochain.
Petit topo sur les colocs : On se croise, quelques mots échangés par ci par là. Je me suis sentie obligée d'accepter en "amie" Cori, celle qui porte des chaussettes multicolores. Elle a encore fait fort cette semaine, en rapportant un lot de cuillères en plastique pour doser les proportions...le truc inutile ici. Et elle a tout gagné en créant un groupe de conversation sur facebook avec toutes les colocs, et en écrivant un long message (je l'avais vue 10min plus tôt dans la cuisine), rappelant qu'il nous manquait toujours une grande casserole et un grand couteau (car ceux qu'on a ne sont apparemment pas assez bien pour couper les légumes), qu'il faudrait s'organiser pour compléter ce qui nous manque, et partager les frais, que l'on devrait faire toujours en sorte d'avoir des torchons propres, que l'on pourrait faire des courses en commun (alors qu'on ne mange JAMAIS ensemble...), qu'il faudrait TOUT partager...
A 16 heures, l'association pour les étudiants internationaux organisait une "tea party". L'occasion de déguster (l'estomac encore rempli du déjeuner tardif) des scones avec de la crème (clotted cream) et de la confiture, des biscuits au chocolat, caramel, de boire un thé ou café, et de rencontrer d'autres étudiants. La plupart des têtes nous sont familières. Il y a certaines qu'il est bon d'éviter. Au début, on se serait cru à un rendez-vous des "sans amis"... Ma coloc maniaque y était présente, bien entendu, et a fini assise par terre derrière un fauteuil, après avoir essayé de se socialiser. Emmanuelle et Bigali se sont échappé quand les équipes ont commencé à se former pour faire un jeu de points communs entre membres de groupes.
Décidées à rejoindre les membres du groupe des étudiants en édition, nous nous apprêtons à prendre le bus pour aller au pub, mais nous retardons notre départ car Clémence n'est pas prête et pendant ce temps Emmanuelle se dégonfle... Nous retrouvons une dizaine d'éditeurs au Turf, un pub dans lequel nous étions déjà passé, très traditionnel, poutres apparentes, plafonds très bas, couloirs labyrinthiques à la Lewis Carroll, jeunes têtes maquillées ou têtes aux cheveux gris installés dans de bons fauteuils... Il ferme malheureusement à Onze heures et quelques... Nous partons vers un autre bar, totalement différent, très grand, tout neuf et plus chic, dans lequel nous retrouvons d'autres étudiants. (Impossible de finir mon verre de vin blanc...). Et les personnes qui restent sont motivées pour aller danser. Quelques mètres plus loin, nous entrons dans un bar, et à l'étage, on y danse ! Ici il n'y a pas d'âge limite (ça change des pré-pubers de vendredi dernier). Et on se défoule jusqu'à 2 heures et quelques. Une des filles ne veut pas que nous partions, mais nous prenons la route du retour, Clémence et moi, sur laquelle nous retrouvons une Française et Hasseeb le coloc. Nous trouvons un taxi ensemble pour rentrer, qui nous dépose presque devant notre porte. Nous avons pu aussi à la fois rire et nous horripiler devant un groupe de filles uniquement vêtues de mini robes, sans collant ni gilet, complètement ivres, en train d'agoniser dehors sur le trottoir, leurs copains les attendant, devant une camionnette de ventes de kebabs. Pathétique. Serons-nous comme cela dans quelque temps, simple question d'habitude ?
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